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EN RITUELS AVEC ALEXANDRA MULLER, EXPERTE EN SOINS HOLISTIQUES

Il y a des chemins qui commencent par une absence de réponse... Pour Alexandra Muller, il aura fallu quinze ans, des voyages et de longues années de formation auprès de praticiens du monde entier pour comprendre ce que son corps essayait de lui dire. Aujourd'hui experte en soins holistiques, et spécialisée en santé féminine, elle accompagne les femmes avec beaucoup de bienveillance et de douceur, via son espace balancelab. Elle nous raconte son parcours, sa vision du soin et les rituels qui rythment son quotidien.

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Avant de commencer, présente-toi

“Je m'appelle Alexandra Muller, je suis praticienne en soins holistiques, spécialisée en santé féminine. Je reçois des femmes à Biarritz et Hossegor, et je travaille sur un territoire précis : le cycle, les hormones, la digestion, la fertilité, la périnatalité. Aujourd'hui je fais de la prévention. C'est le mot qui résume le mieux mon travail. J'accompagne des femmes qui vont plutôt bien mais qui sentent que quelque chose se dérègle, et des femmes qui veulent comprendre leur corps plutôt que de faire taire leurs signaux. Je ne pose aucun diagnostic et je ne remplace aucun suivi médical, je travaille à côté. Mon terrain, c'est ce que la médecine regarde rarement faute de temps : le système nerveux, la digestion, le rythme de vie, ce que le corps essaie de dire avant de crier.”


 

Quel a été le déclic qui t'a mené vers le soin des autres ?

“L'absence de réponse. Ce qui m'a menée là n'est pas une vocation, c'est un parcours. J'ai passé quinze ans sans cycle, quinze ans à chercher des réponses, à voyager, à me former.

Quand un cycle s'arrête sans cause organique, on parle d'aménorrhée hypothalamique fonctionnelle. Le cerveau met en veille la fonction reproductive parce qu'il perçoit un contexte d'insécurité, souvent un stress prolongé. C'est un mécanisme de protection, mais ce n'est pas ce qu'on m'a expliqué. Ce qu'on m'a proposé, c'est un traitement qui simule un cycle sans en restaurer un. J'aurais eu l'illusion d'aller mieux pendant que rien ne se réparait. 


Alors je suis partie chercher ailleurs. J'ai voyagé en Asie, en Thaïlande, à Bali… Et j'ai rencontré un praticien de médecine traditionnelle chinoise qui a fait, avec ses mains, ce que personne n'avait fait pour moi : il a travaillé mon ventre. Mes inconforts digestifs, que je traînais depuis des années et pour lesquels on m'avait dit qu'il n'y avait rien à faire, se sont apaisés. Mes règles sont revenues naturellement le jour de mes 34 ans, et il leur a fallu encore quatre ans pour se réguler. C’est à ce moment-là que j’ai compris que le corps répond quand on lui parle dans la bonne langue. Et ce que j'avais reçu, j'allais devoir le transmettre.”



Cette “révélation” a eu lieu lors d’un rituel Chi Nei Tsang. Qu'as-tu ressenti à ce moment précis ?

“Pour la première fois depuis des années, je n'avais rien à faire et rien à contrôler. Quelque chose s'est desserré : j'ai senti mon souffle descendre, s'installer plus bas. Et j'ai pleuré, sans savoir pourquoi. C'est là que j'ai compris que mon corps me demandait de la sécurité. Le Chi Nei Tsang travaille directement sur les organes de la zone abdominale, en profondeur et en lenteur. Et ce qui s'y joue n'a rien de mystérieux, même si l'expérience est bouleversante.  Le ventre abrite un réseau de plusieurs centaines de millions de neurones. Il communique en permanence avec le cerveau, dans les deux sens. La quasi-totalité de la sérotonine de l'organisme est produite dans l'intestin. Un toucher lent et profond sur cette zone envoie au système nerveux un signal de sécurité et fait basculer le corps en mode parasympathique, celui où l'on digère, où l'on se répare, où l'on se détend. C'est exactement ce que je ressentais sans pouvoir le nommer..”



Pourquoi avoir appelé ton espace balancelab, comme un laboratoire ? 

“Parce qu'un laboratoire, c'est un endroit où l'on observe, où l'on teste, où l'on ajuste. Pas un endroit où l'on applique un protocole identique à tout le monde. Deux femmes qui arrivent avec le même symptôme n'ont ni le même terrain, ni la même histoire, ni le même système nerveux. Et puis il y a le mot « lab » pour ce qu'il implique de l'autre côté de la table. Une femme qui vient chez moi est actrice de ce qui se passe. Moi je lui donne des clés de lecture et je travaille avec mes mains ; mais l'expérimentation, c'est la sienne. C'est elle qui vit dans son corps les trois cent soixante-cinq jours de l'année. C'est aussi pour ça que ça marche mieux. Ce qu'on comprend, on peut le reproduire. Ce qu'on subit, on le répète.” 



Parle-nous de ta philosophie du soin et de ta vision holistique.

“Ma philosophie tient en un mot : reconnecter, pas réparer, pas corriger, mais rétablir le lien. Un corps qu'on n'écoute plus continue de parler autrement : un cycle qui s'arrête, une digestion qui se ferme, une énergie qui s'effondre. Ce ne sont pas des défaillances, ce sont des adaptations.  Et ce lien ne se rétablit pas par la contrainte. La douceur est une méthode, car un corps qu'on brusque se referme, quand un corps qu'on rassure, se rouvre. C'est vrai dans les mains comme dans l'assiette, dans le repos comme dans le rythme d'une vie.

Et je crois qu'on ne peut pas accompagner ce qu'on ne pratique pas. Je me fais masser toutes les semaines, je consulte un praticien de médecine traditionnelle chinoise, un ostéopathe, des praticiens qui travaillent avec une approche fonctionnelle, et je fais un travail en constellations familiales. Je me forme chaque année et je lis énormément.”



Comment est-ce que ton parcours personnel a influencé ta manière d'accompagner les femmes aujourd'hui ?

“Ça a changé la première minute de chaque séance. Quand une femme me dit qu'elle ne reconnaît plus son corps, qu'elle a l'impression qu'il la trahit, qu'elle a honte d'en parler, je sais exactement de quoi elle parle. Et je sais surtout ce que ça fait de l'entendre minimiser. Donc la première chose que je fais, c'est légitimer. Ce que tu ressens est réel ; ton corps n'est pas défaillant, il s'adapte à quelque chose. Cette phrase change déjà l'état nerveux de la femme allongée devant moi, et ça, ça se sent sous les mains.


Ce que mon parcours m'a appris ensuite, c'est le rapport au temps. Je ne promets jamais de résultat rapide et je n'entretiens l'espoir de personne. En revanche, je sais qu'un corps se rouvre quand la confiance revient, parce que je l'ai vécu. Et puis il y a le yin. Nous vivons dans une culture entièrement yang : produire, accélérer, tenir, performer, à intensité constante. Or, un corps féminin ne fonctionne pas à intensité constante. Il fonctionne par phases, et chaque phase a ses ressources et ses limites. Remettre du lent, du réceptif, du repos qui n'est pas mérité mais dû, ce n'est pas de la poésie. C'est souvent le premier levier sur lequel je travaille. Tout cela se fait en complément d'un suivi médical.” 



Quels sont les rituels qui ont vraiment changé la manière dont tu prends soin de toi aujourd'hui ?

“ Le massage, chaque semaine. C'est le rituel qui a le plus changé ma vie, parce que c'est celui qui m'a appris à recevoir. Une heure par semaine où je n'ai rien à faire, c'est ce qui a rouvert quelque chose en moi.


Le Yin Yoga. Des postures tenues pendant plusieurs minutes, sans effort musculaire, qui travaillent les tissus profonds et les fascias. C'est inconfortable au début parce qu'il ne se passe rien et qu'on ne sait plus quoi faire de soi. C'est précisément là que ça agit.


La méditation, même très courte. Ce n'est pas le nombre de minutes qui compte, c'est la régularité.


Mais le vrai rituel, c'est le temps que je prends pour moi, et le fait qu'il soit non négociable. Il est dans mon agenda comme un rendez-vous client. Il ne saute pas parce que la semaine est chargée ; il saute d'autant moins que la semaine est chargée. J'ai mis des années à l'accepter, parce que je le vivais comme de l'égoïsme. Ce n'en est pas. Si je ne vais pas bien, je ne peux accompagner personne. Un corps épuisé ne transmet pas de la sécurité, il transmet sa tension.”



Et les rituels d'Atelier Nubio qui t'accompagnent au quotidien ?

“Le matin, deux gestes qui prennent moins de trois minutes à eux deux : 


  • Le gratte-langue, d'abord, c'est celui sur lequel j'insiste le plus parce qu'il est très simple et réellement documenté. De plus, il me reconnecte à ma bouche, qui est quand même la première porte de la digestion.

  • Le brossage à sec ensuite, avant la douche. Trois minutes, des pieds vers le cœur, en petits cercles. La peau ressort plus douce, c'est immédiat. Ce geste me remet dans mon corps. Je sens mes jambes, mon dos, des zones auxquelles je n'aurais pas prêté la moindre attention en me levant. C'est un réveil sensoriel autant qu'un soin. Pour une femme qui a passé des années à ne plus rien sentir, croyez-moi, ça n'a rien d'anecdotique.


Puis les compléments alimentaires : 

  • Microbiote & Peau, un mois, quand ma peau se dérègle. Sa formule de probiotiques vise l'axe intestin-peau, ce lien entre l'équilibre du microbiote intestinal et ce qui se manifeste sur le visage. J'observe surtout que ma digestion s'apaise en même temps que ma peau, ce qui a du sens.


  • Et « On veut... un ventre plat de naïade », que je garde dans ma routine depuis plusieurs années. C'est le seul complément dont je constate vraiment les effets sur moi, au bout d'une vingtaine de jours de cure.. Je le prends en fin d'été et au changement de saison.


Une précision qui compte : un complément ne rattrape rien. Il accompagne. Si le sommeil, l'assiette et le système nerveux ne suivent pas, aucune gélule ne compensera. Je préfère le dire, même ici.”



Si tu ne devais donner qu'un seul conseil pour prendre soin de son ventre au quotidien… 

“Arrêter de porter des pantalons serrés. Une ceinture ou un jean qui comprime la taille augmente la pression dans l'abdomen toute la journée. Ça favorise le reflux, ça gêne la descente du diaphragme, donc la respiration, et ça entretient une sensation de ventre serré qu'on finit par attribuer à ce qu'on a mangé. Beaucoup de femmes vivent avec un inconfort digestif quotidien dont une partie est simplement vestimentaire. C'est le conseil le plus gratuit que je connaisse et c'est souvent celui qui surprend le plus.


Si j'ai droit à une phrase de plus, j'en ajoute trois qui vont ensemble.

  • Manger en conscience, c'est-à-dire assise, sans écran, en mâchant. La digestion commence avant l'estomac, dans la bouche et même avant, dans le fait de sentir et de voir son repas. Un repas avalé debout en huit minutes ne se digère pas comme un repas mangé en vingt.

  • Marcher après le repas. Dix à quinze minutes suffisent, et l'effet sur la glycémie après le repas est l'un des mieux documentés en physiologie. C'est aussi ce qui remet le transit en mouvement.

  • Et manger en fonction de sa constitution. Il n'existe pas d'alimentation universellement bonne. Certaines femmes ont besoin de chaud et de cuit, d'autres tolèrent parfaitement le cru. La médecine traditionnelle chinoise travaille cette idée depuis des siècles, et ce que j'observe en cabinet la confirme tous les jours.”



Quels sont pour toi les vrais piliers de l'équilibre intérieur ?

“Le premier, c’est qu’Il faut autant de repos que d’action. Notre époque fait qu’on a gardé l'action et on a fait du repos une récompense, quelque chose qu'il faudrait mériter. Un corps qui ne bascule plus jamais du côté yin finit par le prendre de force, par la fatigue, par l'inflammation, par un cycle qui se dérègle.


Le deuxième, c'est savoir reconnaître un signal avant qu'il devienne un symptôme. Une fatigue qui s'installe, une digestion qui change, un sommeil qui se fragmente, un cycle qui se raccourcit. Ce sont des informations, et elles arrivent toujours en avance sur le diagnostic. C'est tout le sens de la prévention. 


Le troisième, c'est d'avoir sa routine. La sienne, celle qui tient dans sa vie réelle. Il m'a fallu des années pour trouver la mienne et cesser d'essayer celle des autres. Aujourd'hui elle est non négociable, et c'est ce qui me tient.


Et puis, le temps, car aucun corps ne se rééquilibre en trois semaines. Ce qui a mis des années à se dérégler mettra du temps à se remettre en place. L'accepter est en soi un pilier, parce que c'est ce qui permet de ne pas tout abandonner au bout d'un mois.”



Qu'aimerais-tu qu'on arrête de croire sur le soin du corps féminin ?

“Qu'il s'agit de bien-être accessoire. On a rangé le soin de soi dans la catégorie du confort. Quelque chose d'agréable, à s'offrir quand on a le temps et les moyens, et qu'on supprime en premier quand la vie se resserre. C'est exactement l'inverse. C'est une ressource, et c'est de la prévention. On a longtemps dit aux femmes que leurs douleurs étaient normales, que leur fatigue était psychologique, que leurs cycles n'avaient pas besoin d'être compris tant qu'ils ne gênaient pas un projet d'enfant. Quand on a intégré que son corps n'est pas un sujet sérieux, on en déduit facilement qu'en prendre soin est un caprice. Une femme qui apprend à réguler son système nerveux ne se fait pas plaisir, elle agit sur des mécanismes très concrets.”



Enfin, qu'est-ce qui est à l'horizon pour toi ?

“En ce moment, je me forme à la nutrition et à la micronutrition en santé préventive, sur le versant de la fertilité, de la grossesse et des mille premiers jours. C'est une période où les besoins du corps changent énormément et où l'accompagnement est souvent très pauvre, alors que c'est probablement la fenêtre où il compte le plus.


C'est le chaînon qui me manquait. J'ai passé quinze ans à aller chercher des savoirs anciens, et je vais chercher maintenant ce que la science en comprend. Les microbiotes, l'équilibre hormonal, l'impact des perturbateurs endocriniens, le statut micronutritionnel. Concrètement, ça ouvre une nouvelle façon de travailler. En 2027, j'ouvrirai des consultations en santé féminine préventive, un accompagnement plus long et plus construit que la séance de soin, avec très peu de places. Je ne veux pas recevoir beaucoup de femmes. Je veux en accompagner quelques-unes, en profondeur, sur la durée.


Et d'ici là, je prépare une série de guides, dont le premier est gratuit, pour transmettre à celles qui ne viendront jamais sur ma table ce que j'aurais aimé qu'on m'explique à vingt ans. C'est finalement ma seule ambition : donner en amont ce qui m'a manqué.”



Retrouvez Alexandra Muller sur son compte @alexandramuller et pour retrouver ses conseils, rendez-vous sur @balancelab.co

 

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