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GÉRALDINE DORMOY, AUTEUR DE 'UN CANCER PAS SI GRAVE'

A l'occasion d'Octobre rose, Atelier Nubio interview 3 femmes qui éveillent nos consciences et nos corps au sujet du cancer. Première interview : Géraldine Dormoy, qui a guéri d'un cancer du sein.

GÉRALDINE DORMOY, AUTEUR DE 'UN CANCER PAS SI GRAVE' GÉRALDINE DORMOY, AUTEUR DE 'UN CANCER PAS SI GRAVE' GÉRALDINE DORMOY, AUTEUR DE 'UN CANCER PAS SI GRAVE' GÉRALDINE DORMOY, AUTEUR DE 'UN CANCER PAS SI GRAVE'

Présentation – Quelques mots sur ta carrière de journaliste, tes sujets de prédilection, ton livre, tes projets en cours… Un petit peu de toi !

Je m’appelle Géraldine Dormoy, je suis journaliste et j’ai 43 ans. J’ai publié mon premier livre le 10 septembre dernier, Un cancer pas si grave, aux éditions Leduc.s, après avoir moi-même été atteinte d’un cancer du sein. Aujourd’hui, je m’en estime guérie.

Où sont tes racines ?

Auprès de mon mari, Mark, de mon fils Gustave (8 ans), de ma famille et de mes amis.

Le journalisme a-t-il été une vocation ?

Pas du tout. J’y suis arrivée tardivement, à l’approche de la trentaine. J’ai d’abord suivi une école de commerce (Sup de Co Reims). J’ai mis du temps à m’autoriser à aller vers ce que je voulais vraiment.

Comment décrirais-tu la personne que tu étais avant ton cancer ?

J’étais une personne très heureuse de ma vie. J’avais déjà fait un important travail introspectif, notamment grâce à une thérapie psychanalytique suivie pendant près de 20 ans. Malgré cela, je continuais à me heurter à des problématiques récurrentes : des compulsions alimentaires et un rapport au stress compliqué, en particulier dans le travail.

Comment ton cancer a-t-il été dépisté ? Pratiquais-tu l’autopalpation ?

Non, je ne pratiquais pas l’autopalpation, car j’ai un type de seins dits « denses ». Cela signifie qu’ils sont trop fermes pour permettre de détecter une grosseur, même pour un médecin. Je m’en remettais donc aux mammographies, recommandées par mes gynécologues dès 35 ans, et que je considérais comme une simple formalité. C’est lors de l’un de ces examens, en novembre 2017, que des cellules atypiques ont été repérées. Une biopsie a ensuite confirmé leur nature cancéreuse.

Juges-tu le suivi médical de ton cancer adapté ?

J’ai été très bien suivie. Cependant, j’ai rapidement compris que mon chirurgien et mon cancérologue, malgré leur excellence, ne pouvaient assurer une prise en charge globale. Les soins complémentaires, c’était à moi d’aller les chercher — ce qui me convenait parfaitement. Cela m’a permis de me sentir actrice de ma guérison. J’ai notamment beaucoup échangé avec mon psychiatre, ma micronutritionniste, ainsi qu’avec des acupuncteurs.

Quels sont tes conseils pour les femmes en matière de prévention et de dépistage du cancer du sein ?

Je dirais que chacune est libre de se faire dépister ou non. Mais il est essentiel de garder à l’esprit que plus un cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées. La médecine a fait d’immenses progrès, mais elle ne fait pas de miracles. Le cancer reste une maladie grave et encore très meurtrière.

Tu as totalement éradiqué le sucre de ton alimentation. Pourquoi ce choix ?

C’est un choix radical, en accord avec ma personnalité. Comme j’ai du mal à m’arrêter, je sais qu’il vaut mieux pour moi ne pas commencer. Je vis beaucoup mieux en ayant oublié le goût du sucré qu’en luttant constamment contre des envies. Avant, mon corps m’envoyait des signaux clairs (maux de tête, maux de ventre, tendances dépressives), mais la volonté seule ne suffisait pas.

Tu as considérablement augmenté ta consommation de fruits et légumes. As-tu changé ta manière de cuisiner ?

Je limite les fritures, qui ne me réussissent pas. J’utilise parfois un Vitaliseur le week-end pour des cuissons douces, mais globalement, je ne cuisine pas beaucoup. Je consomme notamment des légumes surgelés (Picard). Ce n’est pas idéal — notamment à cause des emballages plastiques — mais je n’ai ni le temps ni l’envie de passer tout mon temps libre en cuisine.

Comment as-tu mis en place cette discipline ?

Elle s’est construite progressivement, au fil des années. La maladie a ensuite agi comme un électrochoc : prévenir les rechutes est une motivation très forte. Le yoga m’a aussi beaucoup aidée à reconnecter mon corps et mon esprit. J’ai appris à mieux comprendre les signaux de mon organisme, notamment digestifs. Je consomme toujours des fruits, mais en quantité modérée.

As-tu remarqué des changements sur ta peau et ta vitalité ?

Oui. Un mois après l’arrêt du sucre raffiné, ma peau était déjà différente : moins sèche, plus rebondie, comme repulpée. Aujourd’hui, je constate aussi que je me sens globalement en meilleure forme.

Tu pratiques le yoga kundalini. Comment l’as-tu découvert ?

C’est mon amie Lili Barbery-Coulon qui m’a fait découvrir cette pratique. J’ai suivi différents cours, puis elle s’est elle-même mise à enseigner. J’avais quelques résistances au départ, mais je suis heureuse d’avoir persévéré. Ce yoga est devenu essentiel pour moi : il m’aide à me sentir alignée et connectée à mon intuition.

Ta vision de ton corps a-t-elle évolué après le cancer ?

Oui, je suis plus douce avec lui. Surtout, je le comprends mieux, ce qui m’aide à moins lui en vouloir lorsqu’il ne réagit pas comme je le souhaiterais.

Quelle personne es-tu aujourd’hui ?

Je suis un être en mouvement, en perpétuel changement… ce qui rend la réponse difficile. Je laisse aux autres le soin d’y répondre.

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