EN RITUELS AVEC JULIE COIGNET, NATUROPATHE
ATELIER NUBIO - 06/07/2026
Pour les personnes qui ne vous connaissent pas, dites-nous tout sur vous…
Je suis Julie Coignet, naturopathe spécialisée en santé digestive. J'accompagne les femmes qui font tout bien : alimentation soignée, sport, compléments, consultations en tout genre, et dont le corps ne répond toujours pas. Ventre imprévisible, fatigue chronique, dérèglements hormonaux, peau qui réagit. Des symptômes qui semblent n'avoir aucun lien entre eux. Sauf qu'ils en ont un.
Mon travail, c'est de leur montrer que tout commence souvent dans le ventre.
Je suis aussi autrice de Mangez Digeste (Michel Lafon, 2026), créatrice du programme Happy Belly et hôte du podcast KINOA, plus de 220 épisodes, 450 000 écoutes. Et j'ai traversé moi même une rectocolite hémorragique que j'ai mise en sommeil grâce à ma propre méthode. Donc je parle depuis un endroit vécu, pas depuis un manuel.
Qu’est-ce qui vous a guidé vers la naturopathie ?
La naturopathie, au départ, c'était une passion — pas une vocation professionnelle. J'ai toujours été attirée par la santé, l'hygiène de vie, le sport, l'alimentation... Cette soif d'apprendre, de comprendre comment le corps fonctionne. J'ai fait ma formation en 3 ans, en parallèle de mon job, sans forcément me projeter dans un cabinet.
Et puis quelques mois après mon diplôme, on me diagnostiquait une RCH (une rectocolite hémorragique). Je pensais avoir les outils. Mais ça n'a pas suffi. J'ai dû expérimenter, désapprendre certaines choses, en réapprendre d'autres, tâtonner pour finalement mettre ma pathologie en sommeil. C'est ce chemin-là qui a vraiment fait de moi la praticienne que je suis aujourd'hui.
Qu’est-ce qui a le plus transformé votre relation au bien-être ?
Pendant longtemps, j'ai pensé que ne pas être malade, ça voulait dire aller bien. Mais ce n'est pas forcément le cas. Il y a toujours des petits signaux qu'on n'écoute pas, qu'on croit normaux, avec lesquels on apprend à vivre sans jamais vraiment les interroger.
Aujourd'hui ma relation au bien-être est beaucoup plus préventive — et aussi plus sereine. Je me suis apaisée. Je ne cherche plus à tout contrôler ni à être parfaite. J'apprends à m'écouter vraiment.
Que signifie « prendre soin de soi de l'intérieur » pour vous ?
Ça signifie apprendre à faire confiance à son corps plutôt que lui faire la guerre.
On a été conditionnées à voir les symptômes comme des ennemis à éliminer. Un ventre gonflé : on supprime. Une fatigue persistante : on force. Une douleur : on compense. Mais prendre soin de soi de l'intérieur, c'est comprendre ce que le corps essaie de dire et lui répondre intelligemment, pas le faire taire.
Concrètement : c'est manger en accord avec sa physiologie, réguler son système nerveux autant que son assiette, et reconstruire une relation de confiance avec son propre corps.
Comment est-ce que cette philosophie a évolué au fil des années et de votre pratique ?
Au début, j'étais très centrée sur l'alimentation. Ce qu'on mange, comment on le prépare, dans quel ordre on le digère. C'est essentiel et c'est souvent le premier levier.
Mais avec les années, j'ai réalisé que le système nerveux est aussi une cause digestive à part entière. Une femme peut manger parfaitement digeste et mal digérer quand même, parce qu'elle est en mode survie chronique. Le stress désactive littéralement la digestion.
Du coup ma méthode s'est structurée autour de deux piliers indissociables : les choix alimentaires et la régulation du système nerveux. Les deux ensemble. Jamais l'un sans l'autre.
Quels sont les signes subtils de déséquilibre que vous avez appris à reconnaître ?
Le ventre qui gonfle systématiquement après les repas, même les "bons". La fatigue qui revient dès 15h, comme une horloge. Le sommeil qui s'améliore sans être vraiment réparateur. La peau qui réagit sans raison claire. Les émotions plus à fleur de peau qu'à l'habitude.
Ces signaux, pris isolément, semblent anodins. Ensemble, ils racontent quelque chose. Souvent : un intestin en souffrance, un microbiote déséquilibré, ou un système nerveux en état d'alerte permanent.
Le problème, c'est qu'on les attribue à l'âge, au stress, à "la vie". Et on avance, sans jamais chercher ce qui les cause vraiment.
Qu'est-ce que ces signaux révèlent le plus souvent sur notre mode de vie actuel ?
Qu'on vit à un rythme qui n'est pas physiologiquement compatible avec nos besoins.
On fait tout vite, on mange vite, debout, devant un écran, en répondant à des mails. On est en mode stress chronique. Et le corps, lui, il a besoin de sécurité pour digérer. Ce n'est pas une métaphore : le système nerveux parasympathique (celui du "repos et digestion") doit être activé pour que les enzymes digestives fonctionnent, pour que la motricité intestinale soit normale, pour que l'intestin absorbe correctement.
Et un intestin qui fonctionne mal, c’est le lit de la plupart des maladies chroniques, troubles digestifs, inflammation, fatigue, dérèglement hormonal, surpoids…
Quels sont les rituels les plus puissants selon vous ?
Deux seulement, mais qui changent vraiment les choses.
Le premier : manger en conscience, dans le calme. Et pour y arriver, il y a un geste simple avant de commencer : respirer. Trois grandes respirations, conscientes, avant de porter la fourchette à la bouche. Ça active le système nerveux parasympathique, celui qui permet de digérer correctement. C'est 30 secondes. Et ça change tout ce qui suit.
Le deuxième : mâcher. Vraiment mâcher. On n'a plus de dents après. La digestion commence dans la bouche donc si on avale vite, l'estomac reçoit des blocs qu'il n'était pas prêt à traiter. Résultat : ballonnements, lourdeur, fermentation. Mâcher plus, c'est gratuit, accessible à tout le monde, et pour beaucoup de femmes que j'accompagne, ça change quelque chose de visible en quelques jours. Ça permet aussi de manger moins ;).
À quoi ressemblent vos propres rituels du matin ?
Je commence par m'étirer au saut du lit, quelques minutes ou un peu plus en déroulant mon tapis de yoga selon les jours.
Puis je bois de l'eau chaude ou un bouillon pour ouvrir la digestion en douceur et me réhydrater après la nuit. Je n'ai jamais bu de café, mais je déconseille systématiquement le café à jeun, il stimule l'acidité gastrique avant que l'estomac soit prêt.
Mon petit-déjeuner est salé, protéiné et gras. Pour la satiété, pour l'énergie stable dans la matinée, et pour soutenir mes hormones et neurotransmetteurs, qui se fabriquent à partir des protéines et des bons gras. Pas de sucre rapide le matin si on veut éviter le coup de barre de 10h.
Et avant de commencer à travailler, une fois les enfants déposés à l'école, je prends quelques minutes, parfois plus, pour respirer consciemment. Ce n'est pas une routine Instagram. C'est juste le temps de rentrer dans mon corps avant de rentrer dans ma journée.
Et ceux du soir pour soutenir la récupération ?
Le soir, je coupe l'ordinateur et le téléphone le plus tôt possible et sans exception, une heure avant de dormir. C'est non négociable pour moi. Je mets mon système en mode sécurité et apaisement : lumière douce, pas d'écran, pas de sollicitation mentale.
Je ne mange pas trop tard, pas trop lourd. Et entre les deux, je profite de mes enfants : on rigole, on lit un livre, je les masse, on papote. Ces moments-là font partie de ma récupération autant que le sommeil lui-même.
Et puis, je lis entre 30 minutes et une heure avant de m'endormir. Plutôt des romans, pour laisser la tête se déposer sans la solliciter davantage.
Quels sont vos favoris Atelier Nubio qui vous accompagnent toute l'année ?
Le Bone Broth, sans hésiter. C’est mon grand favori, comme j'en parlais dans notre live ensemble. Mais pas que. Chaque printemps/été, je fais aussi une cure de Jolies Gambettes pour aider ma circulation et éviter les jambes lourdes. Et en début d'été, la Routine Teint d'Été pour préparer ma peau au soleil. Ce sont des rituels saisonniers que j'attends vraiment d'une année sur l'autre.”
Qu'est-ce qui vous aide à revenir à cet équilibre en période de stress ou de fatigue ?
“Sortir marcher, prendre l’air, au moins une fois par jour. J'ai tendance à beaucoup rester assise devant l'ordinateur, du coup j'ai investi dans un tapis de marche. Mais quand il fait beau, j'essaie de sortir dehors, c’est quand même plus oxygénant.
Et revenir au basique, sans me culpabiliser de ne pas tout faire parfaitement. En période difficile, je tiens deux choses : me coucher tôt et bien manger, même simple, même rapide, mais toujours digeste. Pas d'optimisation. Juste ne pas aggraver ce que mon corps traverse et même l'aider.
Qu'est-ce que vous aimeriez que les gens arrêtent de croire à propos du bien-être ?
Beaucoup de choses. Mais si je devais en garder une, ce serait croire que manger sain et manger digeste, c'est la même chose. C'est ma conviction profonde, le fil rouge de tout mon travail et le sujet de mon livre Mangez Digeste ! paru en avril chez Michel Lafon. On peut manger des légumes, des légumineuses, des smoothies verts… et avoir le ventre en vrac. Parce que ce qui compte, ce n'est pas seulement ce qu'on met dans l'assiette. C'est ce que le corps est capable d'assimiler. Un aliment objectivement "sain" peut être une agression pour un intestin fragilisé. Et ça, personne ne le dit clairement.
Et j'ajouterais quelque chose qui me tient vraiment à cœur : j'aimerais que les gens arrêtent de penser que le bien-être, c'est accessoire. Que c'est pour celles qui ont le temps ou l'argent. Mais pourquoi ? On a toutes le droit au bien-être, à la santé, à l'énergie de vivre sa meilleure vie. Ce n'est pas un luxe. C'est une priorité.
Si vous ne deviez partager qu'un seul rituel vraiment accessible à tous…
Respirer. En conscience, bien sûr. Le nombre de personnes qui suffoquent, qui ne respirent pas, au sens propre comme au sens figuré, qui sont en survie permanente... Respirez ! C'est la première et la dernière chose qu'on fait dans notre vie. Mais au milieu ? La vie est trop courte pour la passer en apnée.
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Retrouvez Julie sur instagram @juliecoignet et sur son site www.juliecoignet.com
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